samedi 5 mai 2018

Jeûne et zen

Texte de
Mireille à la Chavanne ,
3 mai 2018


Je rentre juste d’une cure jeûne-randonnées d’une semaine et Bernard m’a demandé si j’avais senti un lien entre le jeûne et zazen et si je souhaitais m’exprimer à ce sujet . Cela m’a interloquée car l’endroit où je suis allée faire ce jeûne cadrait si bien avec ma façon d’être , de vivre et de penser que je ne voyais pas où relier le jeûne et le Zen . Je me disais que si j’étais allée jeûner dans une clinique suisse aseptisée , j’aurais vécu une histoire différente . Alors j’ai laissé mijoter la question , tout en me ré-alimentant doucement et en nettoyant mon jardin qui avait pris des allures de petite jungle en mon absence .
Le lieu de cure était idéal : un minuscule hameau dans les contreforts du Vercors où le goudron venait mourir , un air pur , une grande qualité de silence , chaque jour deux méditations , des exercices d’éveil corporel , des massages , un jacuzzi , de belles randos dont certaines devaient se faire en silence , beaucoup d’attention légère et bienveillante .
Ok , mais quel rapport entre ces conditions de jeûne et le Zen ?!
C’est en racontant à ma voisine mon séjour que j’ai pensé trouver une piste : quand elle m’a demandé « comment as-tu fait pour tenir si longtemps sans avoir faim ? «  et que je lui ai répondu « mais , il n’y avait rien à faire !! « . Pierre et Dominique ( les organisateurs de la cure ) nous avaient bien expliqué ce qui allait se passer dans notre organisme et que nous étions , sans le savoir , d’efficaces hommes-médecins et qu’il nous suffisait de nous laisser porter , d’être juste là , ici et maintenant , de profiter de la nature , du silence , des autres et de ….laisser faire . Ne pas être inactifs , juste laisser faire . Oh oh , ça commençait à sentir bon le chemin Zen , cette histoire-là !!
Et puis , cet encadrement particulier , ce début de privation de nourriture ou …..je ne sais pas , ont fait fondre d’emblée certaines des résolutions et idées reçues que j’avais avant de partir :
-d’abord , j’avais cessé de manger deux jours avant d’arriver là-bas , jugeant que 7 jours de jeûne pour une dure à cuire comme moi , ce ne serait pas suffisant et que j’aurais bien testé jusqu’où je pouvais tenir .
-ensuite , je m’étais promis de faire chaque jour la rando la plus longue ( 4h au lieu de 2h30 ) et juré de ne surtout pas révéler que j’avais deux prothèses de hanche , de peur que l’on ne m’en empêche ( même raison que précédemment ) .
Or , cela s’est passé tout autrement : cet arrêt d’alimentation amène le ralentissement de l’organisme et permet de tourner ses pensées vers autre chose , vers les autres , vers des zones de soi-même habituellement négligées (rien d’intellectuel là-dedans , juste être là , ici et maintenant ) ; du coup j’ai oublié totalement que j’étais venue me » tester » dans une situation inédite : certains jours , j’ai choisi en pleine conscience , avec plaisir et sans jugement sur mes capacités , de faire la petite rando ( parce que j’avais les jambes en coton , parce que l’ adorais le guide qui , ce jour-là faisait la petite rando , parce que j’avais envie d’avoir l’après-midi plus de temps rien que pour moi , parce que ce groupe était toujours le moins fourni et que ça offrait plus de silence et d’intimité , parce que … parce que …) . Sans se préoccuper de performance , du regard des autres sur mes capacités ou pas à ….., sans injonctions .
Bref , ce jeûne m’a fait lâcher prise et lâcher encore un peu plus d’ego et ce , sans que j’en prenne conscience sur le moment . Fais ce que tu as à faire , pour toi , tout en douceur et bienveillance , ne crains ni ton juge intérieur ni le regard des autres , allège-toi , laisse faire tout en restant vigilant à tout ce qui t’environne .
Le merveilleux de tout ça , c’est que pendant que se fait tout seul ce nettoyage intérieur ( physique et mental ) , il devient juste évident de se tourner vers les autres . Pour moi , ourse solitaire depuis des décennies , quelle révélation !!!! Quel soulagement , surtout au milieu de 17 inconnus !!! Et quel bonheur de réaliser que c’est aussi simple que ça !!! Que de rires et moments partagés , où l’humeur de chacun était au diapason !!!
De ce séjour , c’est la seule chose que je redoutais : vivre avec les autres ; et maintenant j’ai de beaux projets de voyages jusqu’alors étouffés .
En résumé , ce jeûne ( à refaire bien sûr ) fut le révélateur de trésors cachés qu’il était salutaire de voir apparaître de moi , le bonheur d’être avec les autre , le soulagement de ne plus me retenir à donner de la bienveillance sans craindre le rejet . Ce jeûne m’a débarrassée de fardeaux poussiéreux et inutiles (dont un peu d’ego ) et allégée pour poursuivre mon chemin de Vie d’un pas plus léger .
Paix , Joie et bonheur à tous .
Namasté
mireille

mardi 1 mai 2018

La méditation zen c'est dépassé!

La méditation n'a jamais été aussi à la mode en occident que maintenant, elle est passée de recherche spirituelle à développement personnel puis à thérapie pour névrosés en tout genre. maintenant on explique que c'est prouvé scientifiquement :

 La méditation a un effet antidépresseur !

 Après la "mindfulness" il y a maintenant "l'altruistic open mindfulness" que l'on enseigne dans des "training camp". 

Ça marche beaucoup mieux avec l'accent anglais apparemment, si ça vient des États-Unis alors c'est un gage de qualité.
 Il n'y a qu'à voir comment la restauration rapide américaine est de grande qualité, il y a des Mac-do à chaque coin de rue, c'est quand même bien la preuve que c'est bon!

Vous vous trouverez sans problème un stage de pleine conscience qui en quelques heures vous transformera avec des méthodes modernes mais rassurez vous issues des pratiques traditionnelles. 
Pourquoi perdre votre temps à cuisiner un pot au feu à l'ancienne avec les légumes du jardin alors qu'un bon burger a exactement les mêmes qualités nutritives ; vous pouvez même le commander et le manger dans votre auto en allant voir votre psychothérapeute qui vous expliquera comment aller mieux.

 La lecture de quelques ouvrages de la nouvelle méditation du dernier auteur à la mode achetés en ligne vous feront retrouver la pleine forme.
Si l'écrivain est psychiatre ou psychologue c'est mieux, il faut faire confiance aux spécialistes.

Zazen est beaucoup plus pénible, d'abord on insiste sur la posture, donc sur le corps, si vous n'avez pas de problèmes physiques particuliers, on vous demandera de vous asseoir sur un coussin...

 Puis ça demande des efforts de concentration, c'est très long (une séance dure plus d'une heure avec une marche méditative au milieu) et surtout il n'y a pas les résultats garantis de sortir de vos névroses et problèmes physiques.
En fait la méditation zen traite plus le terrain, c'est à dire qu'elle rétablit un équilibre, d'abord un équilibre corporel, pendant la pratique cet équilibre est le baromètre qui permet de juger de l'état d'esprit, si personne n'est là avec un regard extérieur pour corriger les défauts vous risquez de rapidement vous retrouver dans une impasse. 

Zazen c'est travailler sur le corps pour corriger l'esprit, en fait votre corps a la solution pour contrôler le flux de pensées et d'émotions qui vous  dérange.

Le travail se situe au niveau du bassin principalement, c'est le point bas de la posture, la rétroversion du bassin amène à la verticalité.
Ensuite il y a le point haut qui se situe au niveau du sternum et qui permet d'ouvrir la cage thoracique.
Ceci amène à la respiration, quand on a compris le point haut et le point bas, la tête trouve sa position naturelle alors le diaphragme est détendu et on arrive naturellement à une respiration abdominale, prendre conscience de son ventre de sa respiration, c'est le secret du zen.

En fait c'est simple mais ce n'est pas pour autant que c'est facile, si vous aimez la pratique de zazen alors vous vous laisserez guider et petit à petit votre vie s'équilibrera à son tour, il suffit d'accepter les changements. 

Retourner à la condition normale, c'est l'éveil bouddhiste.
C'est  retrouver un état naturel, primitif. L'homme civilisé n'aime pas le primitif qui n'a pas besoin de panneaux indicateurs pour trouver son chemin, qui vit avec la nature sans avoir le besoin de la contrôler.

Comprendre l'impermanence par la pratique méditative  était le vœu formulé par le bouddha Shakyamuni pour sauver tous les êtres de la souffrance. C'est un peu différent du désir égoïste d'être en bonne santé pour pouvoir accumuler les biens matériels et faire marcher la consommation.

Si malgré tout la méditation zen vous intéresse, voici notre site:


vendredi 13 avril 2018

Zen et Yoga.

Nous avons avec le yoga de lointaines racines indiennes de l'époque du Bouddha Shakyamuni.
Le yoga a bien perdu de son essence depuis son arrivée en occident. 
Il est devenu bien souvent une pratique de bien-être et à force de l'adapter à des consommateurs  qui ont perdu le goût de l'effort, on se demande quel est le rapport entre la discipline originelle et la pratique de bien-être du XXIème siècle.

Néanmoins certains ont su retrouver cet esprit et le faire perdurer.
Maurice Daubard fait partie de ces gens sachant rester simples et authentiques. Il pratique avec passion le Toumo, un yoga tibétain et il sait en parler simplement.



La vidéo est en bas de page, âmes sensibles s'abstenir. 




mercredi 4 avril 2018

Méditation zen et arts martiaux, embrasser les contradictions


.

Le livre zen et arts martiaux de Taisen Deshimaru m’a amené à pratiquer la méditation zen de manière quotidienne et de m’engager dans cette voie, pratiquant également assidûment un art martial Japonais nommé Aïkido, je vais essayer de faire le parallèle entre la pratique de zazen la méditation zen et les arts martiaux Japonais.
Bien sûr, zazen est basé sur le non mouvement et les arts martiaux sur le mouvement néanmoins on peut trouver de nombreux points communs.

Pour commencer voyons les points clés de la posture de zazen et essayons de les mettre en parallèle avec la pratique martiale.





La verticalité :

Ouverture et bascule du bassin :

Dans la méditation zen :

En zazen, on surélève le bassin grâce au coussin ensuite on croise les jambes, l’essentiel est d’avoir les genoux qui touchent le sol, attention de ne pas tirer sur les chevilles mais plutôt amener d’abord le genou vers la poitrine avant de commencer à croiser les jambes.
Ceci amène à la bascule du bassin, celle ci permet de tendre la colonne vertébrale et d’amener le tronc à la verticalité.
Je dirai que cette bascule est le point bas de la posture.
La difficulté est de détendre l’ensemble du bassin, donc faire attention aux points de fermeture des hanches, il faut être attentif aux points de tension à ce niveau.
On peut commencer par travailler la posture à genoux (en seiza) si l’on a des difficultés jambes croisées.
De nombreux exercices d’ouverture du bassin permettent d’améliorer ce point s’il vous pose difficulté.

Dans les arts martiaux :

On retrouve cette même bascule du bassin en position debout ou à genoux et ce dès le salut du début de la pratique, on y porte attention jusqu’au salut final.




Ouverture de la cage thoracique :


Dans la méditation zen 

Le deuxième point important se situe au niveau du milieu du sternum, il permet de ne pas creuser la poitrine et de ne pas laisser la tête partir en avant, il est extrêmement important, très souvent il n’est pas expliqué bien qu’il soit corrigé ponctuellement mais il est déterminant dans l’ouverture de la cage thoracique et est en lien avec la respiration.
C’est le point haut de la posture.
Si vous avez une difficulté à ce niveau et qu’elle persiste il est fortement conseillé de pratiquer des exercices spécifiques en plus de la méditation, il existe de nombreux exercices tirés du yoga ou du qi-gong très efficace pour corriger ce défaut.

Dans les arts martiaux :


L’ouverture de la cage thoracique est également déterminante, en Aïkido les techniques sont construites autour de mouvements d’ouverture et de fermeture de la cage thoracique et ce dès l’échauffement dans les techniques de respiration comme shin kokyu.

Le regard :

Dans la méditation zen:

Il permet de consolider la position de la tête et de poser la posture toute entière, les yeux sont
mi -clos et on ne fixe pas un point en particulier, on pose simplement le regard devant soi à 45 degrés, le but visé est de développer une bonne vision périphérique, cette vision est en rapport direct avec l’équilibre et le fait de se situer dans l’espace.

Dans les arts martiaux :

Suivant les écoles en Aïkido, on regarde ou non le partenaire, quoiqu'il en soit on ne se fixe pas sur le partenaire, le regard influe sur le placement La vision périphérique est également un point essentiel.




La détente musculaire :

Dans la méditation zen :

Relâcher toutes les tensions inutiles est la base de la méditation, surtout dans le bas du corps bassin et hanche, cette détente est indispensable pour pouvoir laisser s’installer une respiration abdominale naturelle. Il ne faut pas confondre raideur et verticalité.
Il y a une forte relation entre respiration et détente musculaire.

Dans les arts martiaux :

La détente musculaire est la clé pour avoir des techniques fluides, cette détente permet également de travailler sans se fatiguer inutilement la détente du corps permettant une respiration ample.





La respiration abdominale:



Dans la méditation zen :

On préconise de laisser descendre l’expiration jusqu’à trois doigts sous le nombril, l’expiration est plus longue que l’inspiration. Il ne faut pas essayer de contrôler la respiration mais plutôt de l’observer et la laisser prendre de l’ampleur d’elle même. La respiration abdominale permet de remplir la totalité des poumons. Le ventre se gonfle naturellement à l’inspir, contrairement à la respiration thoracique où il se creuse. Le tranchant des mains sur le bas ventre permet de sentir sa respiration tout au long de la méditation. Une fois cette respiration bien mise en place, elle se prolonge dans la vie quotidienne et permet d’affronter les stress de la vie quotidienne.

Dans les arts martiaux :

La respiration est également abdominale,
 dans les disciplines de percussion les frappes se font sur l’expiration. 
Dans  le Kendo le kiaï est une expression de l’expiration.


L’état d’esprit :


La vigilance (zanshin) :

Zanshin est une notion commune aux arts martiaux et à la méditation. Pour comprendre cette vigilance, on peut la comparer à la pleine lune qui baigne tout de sa lumière sans faire de différence.
La vigilance est plutôt passive et permet à tous les sens d’être en éveil, elle prend en compte ce qui se passe à l’intérieur comme ce qui se passe à l’extérieur. Même si dans la méditation zen on préconise de tourner le regard vers l’intérieur, ce n’est pas pour autant qu’on doit se couper de l’extérieur par exemple en fermant les yeux.


En conclusion :

Voilà, quelques points communs à des disciplines différentes viennent d’être développés.
Ensuite il faut bien comprendre que seules de longues heures de pratique dans le dojo permettront de les expérimenter et de les comprendre plus profondément.
Zen et arts martiaux ont le mérite de pouvoir être expérimentés jusqu’à un âge très avancé si ils sont pratiqués correctement.










lundi 12 mars 2018

Partir en colonie de vacances chez les moines ? Sesshin en Corée.


Ecrit par Lola qui a pratiqué avec nous au dojo de Saint-Étienne;

Mais qui donc aurait l’idée saugrenue de dépenser dix jours de vacances (sur les 18 annuels)
pour aller se perdre au fin fond de la Corée dans un temple habité par des nonnes et moines de
dix nationalités différentes ? Mais quelle idée de passer huit heures par jour assis sur un coussin
moelleux et de passer le reste de la journée à manger ou dormir ? Et pourtant, ce séjour un peu
extrême a été le plus marquant de ma vie.
Mais à quoi cela sert donc de faire exactement la même chose chaque jour pendant une
semaine : rester assis sur un coussin à s’observer ? Pourquoi vouloir s’isoler un temps du
brouhaha infini qui nous accompagne chaque jour ? Eh bien pour mieux entendre la petite voix
qui papote toute la journée dans notre tête sans que l’on s’en aperçoive. Si vous faîtes bien
attention, il est impossible d’arrêter de penser, même pendant trois secondes. Il y a toujours
une petite voix dans notre tête qui papote en boucle. Mais avec toute l’agitation extérieure
qu’implique une vie humaine, on entend très rarement cette voix. On l’entend uniquement
dans les moments d’urgence « Ah, j’ai oublié mon porte-monnaie », en cas de danger « il faut
que je parte vite ! » ou en cas d’ennui « J’ai pas envie ».
Et pourtant cette voix porte tellement d’informations ! Cette petite voix est le support de
notre interprétation du monde. Elle porte en quelque sorte notre histoire mentale. Mais le son
de la télévision est si fort, l’écran de notre portable si lumineux, que tout ce bruit couvre mille
fois cette petite voix. Quel dommage ! Elle aurait tellement à nous apprendre : à quoi est-ce
que je pense toute la journée ? quelles sont les associations d’idées qui se passent dans ma
tête ? comment est-ce que je réagis aux événements extérieurs ? comment est-ce que je me
perçois moi-même ?

S’asseoir sur un coussin pendant une semaine, cela veut dire faire du silence à l’extérieur
pour pouvoir entendre cette petite voix intérieure et enfin découvrir l’océan de trésors qu’elle
peut nous apporter.
On croit se connaître, mais pourquoi est-ce que l’on retombe toujours dans les mêmes
habitudes et les mêmes cycles de plaisir/ souffrance ? Pourquoi est-ce que l’on s’étonne de ce
qui nous arrive alors que les évènements ne font que s’inscrire dans une logique de cause et
effet ?

Se rapprocher de cette petite voix, c’est écouter toutes les émotions et tout le passé qui s’est
accumulé à l’intérieur de nous depuis que nous sommes nés. Cette petite voix c’est nous et elle
a tellement de choses à nous apprendre
Alors, pour ceux d’entre vous qui se demandent qu’est-ce que tout cela signifie, pour ceux
d’entre vous qui recherchent quelque chose de plus profond que métro boulot dodo, pour vous
les aventuriers de l’existence, voilà ma suggestion : sur 52 semaines d’une année, prenez en
une pour écouter attentivement tous les débats qui se déroulent nuits et jours dans votre tête
sans que vous ne vous en aperceviez. C’est une occasion extraordinaire pour se comprendre
puis enfin pouvoir agir et prendre pleine possession de ses pensées et de sa vie.
Une colonie de vacances pour curieux : zen soto en France
Colonie pour les aventurieux : Musangsa, Corée du sud : http://www.musangsa.org/

Zen et Reiki : quels points communs ?


Ecrit par Yann, praticien Reiki.
En tant que pratiquant de zazen, vous avez certainement entendu parler au moins
une fois de Reiki, cette méthode de soin énergétique par imposition des mains
redécouverte à la fin du XIXe siècle au Japon par le prêtre bouddhiste Mikao Usui.
Pas étonnant, car Zen et Reiki s’enracinent tous deux dans la tradition du
bouddhisme japonais. Mais au-delà de cette parenté commune, quels
rapprochements concrets peut-on faire entre ces deux pratiques ?
Personnellement, j’observe plusieurs points qui tendent à lier Zen et Reiki. Tout
d’abord, à l’instar du Zen, le Reiki considère l’être dans sa globalité. Il vise à favoriser
la guérison à tous les niveaux : en calmant les tensions et douleurs physiques, en
apaisant le mental (flux des pensées) voire en aidant au déploiement de la
conscience spirituelle. On dit généralement qu’il s’agit d’une méthode de soin
holistique. Attention : elle ne remplace pas un soin médical, mais intervient
seulement en complément de celui-ci.
Le Reiki est également une voie qui relie le praticien à sa propre intériorité. Or ceci
n’est pas sans évoquer la phrase de Maître Deshimaru (in « La pratique du Zen) :
« la nature divine, c’est en vous qu’elle existe, et que vous la découvrez ». Autrement
dit, le guérisseur est en nous, il suffit de l’y chercher !
Lors d’un soin, le praticien Reiki se met dans un état de conscience qui proche de
celui de Zazen. En effet, le Reiki consiste, comme son nom l’indique (Rei : universel,
Ki : énergie), à capter l’énergie universelle et à la restituer par les mains à la
personne qui reçoit le soin. En clair, le praticien n’est qu’un tuyau, et pour qu’un
tuyau laisse passer ce qui le traverse, il doit présenter le moins d’ostacles possible.
Ici, les obstacles peuvent être les pensées, les peurs, les doutes… Un mental calme
permet donc au praticien de se situer davantage dans l’être que dans le faire, d’être
bien conscient qu’il est là pour laisser passer le Reiki et rien d’autre. On le voit bien,
en aucun cas les manifestations intempestives de l’ego (ruminations, orgueil…) n’ont
leur place ici.
Pour être un canal efficace, le praticien reiki doit également adopter une bonne
posture laissant circuler l’énergie librement. Il doit agir, comme en Zazen, dans le
silence et l’immobilité. Bien entendu, ce silence et cette immobilité sont ici relatifs, car
des déplacements sont nécessaires pour effectuer le soin et des échanges verbaux
possibles avec la personne qui reçoit.
Par ailleurs, préalablement au soin, le praticien doit se mettre en lien avec le cosmos,
en vue de s’harmoniser avec les énergies de l’univers. En cela, il rejoint le méditant
Zen qui, par l’assise silencieuse, tend également à « devenir la montagne, la fleur,
l’eau, le nuage ».
Je conclurai cette courte réflexion sur un dernier point commun : Zen et Reiki sont
résolument des voies simples. On peut les résumer en quelques phrases, si ce n’est
en quelques mots. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’elles soient faciles ! Elles
requièrent toutes deux une longue pratique (bien plus que de la théorie), mais, au
bout du chemin, une lumière brille et ne s’éteint jamais.

Pour contacter Yann: 06 85 75 42 95

samedi 3 février 2018

Matinée de zazen et initiation à la méditation le 10 Mars 2018 au 9 rue Montaigne.

Cette matinée est l'occasion de pratiquer de manière un peu plus intensive pour voir comment réagit notre corps quand on prolonge l'effort de la concentration sur la posture et la respiration un peu plus longtemps que durant la pratique habituelle.
Nous proposons deux séances une à 8H00, l'autre à 10H30 ainsi qu'une initiation pour les débutants à 9H45.
Ça peut être pour certains une étape avant de se lancer dans les retraites de méditation (sesshins) un peu plus longues.
Tous les renseignements sont sur notre site: http://www.zen-saint-etienne.fr
Voir la page événements pour l'affiche.